Astuce pêche : Les asticots

Appât élémentaire de la pêche au coup…

Pour les sévices que nous lui faisons subir et pour son dévouement perpétuel, j’ai pensé qu’il était logique d’accorder quelques lignes à notre plus fidèle compagnon. Camarade de jeu indissociable du pêcheur au coup, l’asticot est, malgré nos mauvaises intentions, toujours disponible, discret et d’humeur égale. Voici succinctement son cycle de vie :

Tout d’abord, les oeufs de la mouche scathophaga, calliphora ou autre Lucilia sont pondus sur des excréments ou de la viande en décomposition. Une première transformation s’effectue au bout de dix à vingt-quatre heures ; les oeufs deviennent larves (asticots). Là, dans l’insouciance de la jeunesse, ils ne feront que manger (ce sur quoi ils sont nés) pour atteindre (selon le genre) la taille de huit à vingt millimètres. Après quelques jours, enfin repus et aboutis, ils s’éloigneront de la couche natale pour que, dans la chaleur et l’humidité, ils entrent dans le stade pupal (casters). Puis, rapidement (selon la température) ils se délivreront de cette enveloppe sèche et dure, pour devenir à leur tour une mouche.

J’ai passé volontairement l’étape où Madame mouche rencontre Monsieur, les choses de l’amour n’étant belles que dans le secret qui les entoure. Mais il est à savoir, que suite à cette gymnastique millénaire, la mouche femelle pourra pondre jusqu’à mille oeufs, en différentes pontes de cent à cent cinquante oeufs !

Les plus aventureux d’entre nous, peuvent bien sûr produire eux-mêmes leurs asticots. Un morceau de viande (abat) exposé judicieusement, quelques jours à la chaleur de l’été, fera l’affaire. Mais l’expérience doit-être faite à l’écart de tout odorat susceptible ; l’odeur des chairs en décomposition pouvant compromettre gravement vos rapports avec le voisinage.

Pour couvrir les besoins des pêcheurs et ceux des vivariums, ces larves sont élevées aujourd’hui de façon industrielle. Les éleveurs proposent, par sélection de type de mouche, des larves de dimensions et de textures différentes. Les couleurs proposées : rouge, jaune ou orange permettent de s’adapter aux conditions visuelles subaquatiques ou de cibler (selon les convictions de chacun) une espèce précise.

Pour ce qui est de la conservation, le bac à légumes du réfrigérateur familial est idéal (des négociations sont à prévoir). Chaque type de larve ayant des températures de conservation différentes de quelques degrés, on ne peut disposer d’un large choix à porter de main. Je conserve correctement l’asticot, le pinkis et le gozzer à 2° (stable), ceci de quatre à six semaines. Le fise se conserve très bien entre 5 et 8° (ce qui est au-dessus de la température recommandée du réfrigérateur).

Les larves, à ces températures, seront plongées dans un état léthargique (immobilité), sans les tuer. Le récipient de conservation devra être de moitié plus grand que le contenu et débarrassé régulièrement des individus morts ou devenus caster. Les trous d’aération devront bien sûr être proportionnels à la taille de l’animal ; une visite non prévue du réfrigérateur par une horde d’asticots, ne pourrait qu’être préjudiciable à votre alliance avec Madame !

Pour clore ces quelques lignes ; je ne pense pas qu’il faille chercher des records de conservation, les larves devenant moins souples avec le temps, gigotant moins, elles sont moins attractives. D’autre part, le produit étant renouvelé chez le détaillant chaque semaine, il n’est pas nécessaire de stocker plus que pour une ou deux parties de pêche ; la conservation sera donc de quinze jours à trois semaines, tout au plus.

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